Un des fondements de la communication non violente, c’est qu’elle repose sur l’équilibre entre soi et l’autre (gagnant-gagnant) et sans aucun rapport de force.

Afin de créer un échange de qualité, il est important d’écouter votre enfant avec empathie, dans l’expression de ses besoins et sentiments.

Écouter est un exercice très difficile. Nous avons l’habitude d’argumenter, juger, justifier, critiquer, rassurer…
Cependant, écouter suppose de laisser l’autre s’exprimer et être dans l’accueil en montrant que l’on s’intéresse à l’autre (On écoute avec oreilles! mais aussi tout son corps)

“Accompagner un enfant dans sa conscience de lui-même, c’est tout d’abord l’écouter vraiment, sans le juger, sans le conseiller, sans tenter de le diriger, simplement en lui permettant de mettre des mots sur ce qu’il vit, en l’aidant à identifier, à accepter et à comprendre ce qui se passe en lui.”
Isabelle Filliozat

ECOUTER LES SENTIMENTS
« J’ai mal »…  « Mais non ce n’est rien ! »
En écoutant les émotions, vous ne jugez pas, vous accueillez le sentiment de l’enfant. Il se sent reconnu et il sait qu’il a le droit de ressentir toutes ses émotions et les exprimer.
Quand un enfant tombe, ce n’est pas rien. Il a peut être eu mal ou peur. Il est important que ces sentiments soient accueillis. “Je vois que tu as mal” “Tu as le droit de pleurer”…

« Aucun ressenti intime exprimé par quiconque n’est contestable en soi. »
Jacque Salomé – Heureux qui communique

“Pourquoi tu pleures?”
L’enfant est incapable de répondre à cette question, qui demande beaucoup de réflexion. Il a juste besoin que son émotion soit entendue.
Le “Pourquoi” est à éviter: il demande une réflexion et sous entend qu’il n’y à aucune raison (de pleurer). Préférez “Qu’est ce qui se passe?” “De quoi as tu besoin?” “Qu’est ce qui te rend triste?” “Qu’est ce que tu ressens?” Des questions ouvertes qui inviteront votre enfant à dialoguer.

Accueillir et reformuler les émotions permet à l’enfant d’être accompagné et ne pas se laisser envahir par ce qui se passe en lui, apprendre à les canaliser, les exprimer.
“J’ai l’impression que tu es triste” “Tu sembles en colère”… (laisser une part de doute en n’utilisant pas d’affirmation (“Tu es.. Je vois…”) car votre ressenti n’est peut être pas l’émotion que l’enfant ressent)

ECOUTER EN SILENCE
Le silence permet à l’enfant d’avancer et de faire son cheminement: Laisser l’enfant parler jusqu’au bout sans l’interrompre, sans intervention, tout simplement dans le silence. Je vous partage de nouveau un billet sur la force du silence.

Voici quelques attitudes à adopter pour écouter en silence:
– Se taire, être présent (attitude, regard)
– Se rapprocher, être dans la proximité
– Faire entendre sa propre respiration (pour apaiser, rassurer, montrer sa présence)
– Toucher, établir un contact (une main posée, enlacer l’enfant…)

Quand l’enfant a pu aller au bout de son expression, raconter les faits mais surtout son ressenti (permettre à l’émotion d’aller jusqu’au bout), vous pouvez de nouveau réinvestir la parole
– L’aider à aller plus loin “Qu’à tu ressentis quand…?” ” Qu’à tu pensé quand…?” (Les questions ouvertes)
– L’inviter à mettre des mots sur son ressenti “Tu as l’air contrarié” “C’est difficile” “C’est dur de…”
– Confirmer le ressenti

UTILISER L’IMAGINAIRE
Écouter votre enfant ne signifie pas qu’on soit d’accord avec lui ou encore que ses besoins vont être assouvis. Écouter montre qu’il y a une importance, qu’il est reconnu et entendu.
Rêver, imaginer, s’inventer une histoire permet de montrer à son enfant que son désir est entendu. (différence entre besoin et désir)
“J’ai pas envie d’aller à l’école.”
“Tu aurais aimé rester à la maison. Qu’est ce que tu aurais fait?”
Ce billet de Sandrine de ScommC, le Blog, montre tous les effets bénéfiques de l’imaginaire:  Gérer le déception d’un enfant

L’autre n’a besoin que d’écoute, d’un silence, d’une présence qui lui permettent de respecter simplement l’émotion qui est là.

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Article partagé avec la bienveillante autorisation de son auteure  – Ensemble Naturellement