Billets d'humeur Poésie

Le vieil homme et la forêt – Billet d’humeur

“En fait si je l’avais souhaité, j’aurais pu être une grande courtisane, dénuée de respect pour elle-même, à la merci de tout quidam, sans état d’âme, juste une séductrice bien peu avare de ses charmes. Une Madame de Pompadour, déesse du profit et de l’amour… 
Certes j’aimais plaire, sourire aux hommes, sans arrière-pensée. Un sourire est une belle carte de visite, je trouve, bien plus flatteur qu’un vitrail de grimaces.
Mais je ne sais vous dire pourquoi la vieillesse m’attirait. L’intemporalité, peut-être. L’immortalité. Comme si le temps n’avait aucune prise sur nous, juste une emprise, parfois. 
Naître, vivre et mourir, dans la continuité sans chercher à comprendre le pourquoi du comment. 
J’aimais beaucoup me baguenauder dans les forêts, quelles qu’elles soient. Je me nourrissais de leur simplicité. J’aurais bu jusqu’à la lie la résine des pins désavoués. 
Et je vais vous avouer, ma saison préférée pour les balades forestières était justement l’automne.
Je me suis fondue dans ce décor alors que les feuillus semblaient sommeiller. J’ai entendu le bois craquer, les écureuils décaniller. 
Je me suis parfumée des teintes éteintes de ces douceurs de décembre qui étincelaient. 
J’ai foulé ces feuilles mortes posées à même le sol que les arbres avaient expulsées.
J’ai respiré profondément, me suis imprégnée de cette atmosphère mystérieuse et d’une pureté incomparable car jamais Dame Nature n’aurait pu tricher.
Et je me suis bercée des nuances feutrées des fougères avoisinantes, j’ai cueilli à même la mousse quelques champignons craquelés, j’ai saisi une branche de houx pour la Nouvelle année, j’ai humé les senteurs des sentiers où la pluie venait juste de se fracasser alors même que les cailloux m’auraient fait glisser.
Et puis je l’ai vu, lui, au détour d’un chemin, qui grimpait la côte comme un pauvre hôte abandonné.
Aidé de sa canne pour soutenir la force de son âme, son corps usé par les années qui l’avaient porté, il progressait, sans le moindre effort jusqu’à me rencontrer.
Arrivé à ma hauteur, il m’a saluée. Il m’a demandé pourquoi je l’avais pris en photo et je lui ai rétorqué que j’avais eu plaisir à le capturer entre un rai de lumière et l’obscurité, que quelque part, sa présence inopinée m’avait apaisée et que désormais, j’avais pris conscience qu’où que je sois, je n’avais plus ce désir de plaire et surtout que je ne serais plus jamais seule”…

D’après une de mes photos, prise à Esneux.

Zelles

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