Billets d'humeur Poésie

Le parcours des anges

Avec soi-même, on ne s’ennuie jamais. La solitude, ça n’existe pas au risque de me répéter puisqu’on ne s’ennuie jamais.
On n’a pas besoin, ni envie de faire de compromis quand on est avec soi-même. On est nu comme un ver dans notre univers, dans notre bulle d’introspection qui s’évapore dans un flot de remises en question.
On évolue, on ondule, on se torture parfois les méninges à se demander pourquoi on en est arrivé là… Mais une petite, une toute petite voix, nous recommande d’attendre, de voir venir ce qui arrive, ce qui pourrait jaillir et de tâcher de comprendre pourquoi, jadis, notre âme est allée à la dérive.
On rencontre des gens. Cela commence à la maternelle où l’on va vers d’autres enfants, pas à pas, jusqu’à pas de géant. Accroupi, le pied hésitant, encore assis, et doucement, en prenant bien son élan.
Derrière le bois des barreaux, sur des coussins moelleux, l’air niais et heureux, c’est normal car on a trois ans. On en est encore à l’époque de se cogner aux bancs, de se faire des bleus.
Puis on grandit, on s’affermit. Dans la cour de récré, on admire les grands, les beaux et les puissants. Ceux qui parlent fort, ceux qui n’ont jamais tort, enfin, c’est ce que l’on pense.
On leur envie leur âge, leur liberté, leur savoir, leur éloquence, leur adolescence.
On les voit jouer aux billes, à la marelle, à la corde à sauter, à s’échanger des jeux, à se bécoter sur des bancs publics, à faire la nique à la société, à rire de l’un parce qu’il a un grand nez, de l’autre parce qu’il ne porte pas des vêtements de marque. On se prend pour un monarque au mépris de la charité.
Le temps passe tellement vite qu’on a 18 ans, on est propulsé dans un autre monde où chaque seconde compte, il faut étudier, se préparer un avenir, un devenir, aller à l’université, rencontrer un allié que l’on se permettra d’épouser, fonder une famille, acheter une maison, partir en vacances, à l’occasion.
C’est le parcours rêvé des anges.
Puis un beau jour, on se réveille, on a trente ans, une maison de campagne, des animaux de compagnie, on savoure le beau temps sur sa terrasse, les petiots pataugent dans l’eau, on a un bon métier, des congés payés, des contrats à honorer, une bonne santé, la belle vie !
Sauf que certains s’ennuient mais n’osent se l’avouer.
Alors on continue. Comme un cheval à l’arrêt, dont on a bandé les yeux, qui avance mais qui ne traverse plus les obstacles, qui a posé des barrières devant son habitacle.

 

rhezus10990

Les enfants grandissent, il faut assumer.
On invite les voisins au spectacle pour de folles soirées où l’on se met à boire et à danser pour tout oublier.
On s’engage dans des crédits pour s’acheter ce que le bonheur ne peut plus nous apporter.
On pense qu’en payant avec des billets en papier, on va pouvoir se “racheter” !
Mais la nuit, on pleure, on verse des larmes de sang dans ses draps blancs tandis que l’être choisi qui sommeille à nos côtés dort pieds et poings liés, tel un nanti, qui aura un jour 80 ans, tellement de cheveux blancs et plus aucune dent.
Mais bon, c’est notre choix de vie, facile et docile, parsemé de regrets mais dénué de péril.
Vieillir jusqu’à ne plus rien à avoir à se raconter, comme deux étrangers comme quand on s’est rencontrés.
Un beau jour, on a 70 ans. On se regarde dans la glace, notre sang se glace. Les rides sont apparentes, le dos est voûté, courbaturé, on a pris du ventre, et même qu’on doit porter un dentier.
Et on s’ennuie toujours autant sauf que là, on prend le temps…
Puis on ne sait plus se déplacer, une mauvaise chute, un A.V.C., la vue qui diminue. On passe ses journées à regarder la télé, à se goinfrer de crêpes dorées tout en sirotant son petit café sous le couvert de ses habitudes que l’on ne veut surtout pas déloger.
Éviter surtout la solitude, ce pis-aller d’ingratitude !
On fait sa sieste à des heures bien définies, on paresse même que nos rêves ne nous atteignent plus parce qu’on a trop ri par le passé et surtout trop occulté, aussi.
Et puis et puis… on devient ce qu’on était… On retourne à la maternelle, la vie n’est qu’une ritournelle d’instants déplacés dans les faits.
On redevient ce tout petit bébé à la peau froissée, qui bave et qui braille, qui appelle à l’amour de ses pairs sans oser l’implorer.

 

 

 

Zelles

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